Reprendre le travail après une grave maladie


8 SEPTEMBRE 2018

–——Jean Casanova

(Siège de la Délégation Départementale de la Croix-Rouge Française – 12, rue Chardin – Paris 16°)

–——Nous sommes aujourd’hui, 12, rue Chardin, à Paris, au Siège de la Délégation Départementale de la Croix-Rouge Française.

–-Rendez-vous pris de longue date avec Mme Brigitte Magnier, la directrice de la Maison des Patients et des ateliers de coaching d’accompagnement du retour au travail. Des intervenants sociaux y travaillent à ses côtés pour aider ceux, convalescents, lors de ce difficile moment, le retour au travail, aider ces derniers à retrouver leur corps, leur identité et la confiance en eux pour affronter les prochaines échéances électorales et déchéances de popularité.

——-Bien préparé, en effet, le retour au travail après une séquence difficile, même clôturée par quelques jours de convalescence au Fort de Brégançon, ce retour peut devenir l’opportunité d’une vraie transformation de vie. D’un nouvel équilibre de vie pour les difficiles tâches de la rentrée.

–-Elles ne manquent pas : plan pauvreté, réforme de l’assurance chômage, douloureux et difficile dossier des retraites, hôpitaux en détresse…

——–Mme Brigitte Magnier a bien voulu accepter de répondre à nos questions dans le cadre de notre enquête sur le rôle des institutions caritatives dans la lutte contre l’exclusion. Osons le mot, l’exclusion et la chute sondagière, phénomènes malheureusement trop souvent rencontrés lors de la difficile reprise du travail après la maladie. Soucieux de ne pas en rester aux peu concrètes déclarations de principes, nous avons préféré interroger Mme Magnier quant à l’un de ses convalescents pris au hasard et tout récemment inscrit à ces bienvenus ateliers d’accompagnement du retour au travail.

Déontologie et anonymat obligent, nous garderons secret le nom de ce jeune homme, tout juste sorti d’un été éprouvant et émaillé de complications. Celles d’une longue et douloureuse maladie, formule pudiquement employée par le corps médical pour désigner cette terrible affection, le Cancer du Pouvoir personnel au service de la Finance.

——–Mme Brigitte Magnier, sans trahir le secret, il s’apparente pour votre activité au bien connu secret médical, dans quelles dispositions trouvez-vous aujourd’hui notre jeune miraculé ?

–-Tout d’abord, gardons-nous de crier victoire devant ce que nous devons voir, même avec optimisme, comme une simple rémission.

–-La période est en effet très compliquée. S’y mêlent pour notre convalescent, l’impatience de reprendre son activité pour mettre la maladie derrière soi et, simultanément, j’allai dire « en même temps », l’inquiétude quant à ses capacités à y faire face.

Quoi qu’il en soit, notre atelier est l’occasion inespérée pour lui de rebattre les cartes et d’entamer une nouvelle partie plus épanouissante, plus équilibrée, plus constructive.

——–Merci, Mme Magnier, de vous parler sans détours. En quelque sorte, si nous vous comprenons bien, c’est là le moment privilégié de prendre le temps de se poser les bonnes questions. Toujours les mêmes, celle de nos Institutions, du Pouvoir personnel et du service de la Finance.

–-La première de ces questions, peut-être la plus importante, nous la lui avons posée, est : « Jeune homme qu’avez-vous appris sur vous-même ? »

La maladie et ses complications vous ont mis brutalement face aux limites de votre propre corps, à celles des Institutions, ainsi qu’à votre capacité à surmonter cette contradiction : le Pouvoir personnel pour vous oui, mais au service de la Finance.

–-Plus que jamais, prise de recul, modestie, intérêt pour les plus humbles et abandon du narcissisme, seront les pistes à travailler pour reprendre vos activités sur de nouvelles bases.

–——N’est-ce pas également le moment, Mme Magnier, pour notre convalescent de se poser la question sur ce qu’il y a à changer dans ses habitudes de travail ?

–-Tout à fait. En sera-t-il capable ? En tous les cas, nous y travaillons. Sur ce point, changer ses habitudes de travail, la remise en question doit être nette. Ne plus se mettre de barrières telles que « mon patron ne voudra pas », « ce n’est pas dans les habitudes de la Banque », ou encore « mais que vont devenir les riches ? »

Ce sera là le plus difficile. Car au prétexte que vous reprenez votre travail, certains managers ne voulant plus entendre parler de votre douloureuse épreuve des derniers mois accroissent leurs pressions et restent intraitables dans leurs sollicitations. La liste en est longue et nous n’en ferons pas un inventaire à la Prévert : assez de pognon dingue dans l’aide sociale ; chômeurs, maniez-vous le cul ; retraites de cocagne, c’est fini ; ISF et IFI, pas de ça chez nous ; Ushuaia, ça suffit, etc.

Ces brutales injonctions vont probablement continuer à être adressées secrètement à Emmanuel. Pardonnez mon lapsus et surtout n’en faites pas état. Emmanuel aura-t-il la force d’y désobéir ? Car la grande question est là. Celle des employeurs.

–-Ils sont secrets mais n’en existent pas moins. Et d’eux, ces employeurs, dépend la pérennisation de la situation professionnelle et électorale d’Emmanuel pour les années à venir.

En ce domaine, énormément dépend d’eux. Nous avons la difficulté de notre tâche.


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