Je suis hasch vieux os


Si la formule est exacte. De toute façon, je peux être tout à la fois. C’est l’avantage de la décomposition de l’usine chimique ambulante qui formait le bipède que je fusse.

J’avais choisi d’être un galet de départ (1). De galet, je suis devenue sable (2). Puis de sable je suis devenue fibre de bois plastifiée (3), sans compter un bref passage en tant que virus non pas virtuel, mais de saison (4). D’où ma procrastination à suivre les multiples voies qui s’ouvrent à moi. Tant de possibilités que les molécules doivent explorer et ce, avec un peu de patrimoine antique et…archaïque ?

Me dire aussi que j’ai disparu des mémoires de celles et ceux qui m’ont côtoyée un jour, il y a fort longtemps. Celles et ceux qui ont certainement disparu à leur tour aux temps futurs depuis lesquels je trace ces lignes. Disparue pour toujours. Bigre ! Vive le Big Data ! (Je n’aurais jamais imaginé que j’écrirais cette dernière injonction un jour. Comme quoi, il y a que les con-nes qui ne changent pas d’avis, selon un vieux proverbe chinois qui traverse les millénaires sans prendre une ride.)

Cette petite introduction terminée, je peux passer à l’étape suivante : je deviens une molécule d’eau ! Il fallait s’y attendre un peu, vu mon temps passé dans divers espaces aquatiques dans lesquels j’ai traîné. Il a bien fallu qu’une fine particule du mammifère à deux pattes qui a été immolé selon ses propres désirs, se transforme en H2O, selon le tableau périodique des éléments – ou table de Mendeleïev pour les initiés. C’est donc en tant que telle et dans une période de chaleur anormale que je me sens pousser des « ailes » et que je rejoins les autres poto-es pour former des nuages et prendre des formes qu’on veut, tout en étant tributaires des autres substances chimiques qui nous donneront certaines couleurs ainsi que les directions qui elles, seront dictées par les vents que nous rencontrerons sur notre passage.

Comme il est agréable d’être la dernière arrivée. Ainsi, nous pouvons voir la planète avant de rentrer dans les tourbillons où je fais des loopings rigolos. Puis, j’ignore dans quel état j’erre. Je peux être condamnée à me retrouver au-dessus de cette couche qui forme, à première vue, une ouate cotonneuse dans laquelle on a envie de plonger. Mais purée qu’il y fait froid et ce, même si le soleil nous darde de ses doux rayons et autres radiations interstellaires ! Je cherche alors un peu de réconfort auprès d’une molécule que je ne connais ni d’Ève, ni d’Adam d’ailleurs, et je ne suis pas la seule à avoir cette idée. Entre particules, nous formons une figure parfaitement géométrique et pourtant si différente des flocons voisins. C’est sous cette forme que, soit nous nous collerons sur le pare-brise d’un Boeing qui passerait par là, soit nous chercherons un peu de chaleur en explorant les divers courants qui nous ramèneraient dans des couches plus tempérées.

Ai-je envie de m’agglutiner sur un pare-brise ou sur une aile d’un navion qui passerait par là et de décrocher afin de créer un fameux chemtrail qui déclencherait rumeurs et autres délires alimentant ainsi un dictionnaire de formules regroupées dans « les théories du complot » ?

Ou ai-je envie de me faire électrocuter par les charges statiques diffusées par notre chère Terre-Mère ? Dit comme ça, ça ne donne pas trop envie de se faire secouer violemment, mais je suis agglomérée aux autres molécules et je me dois de respecter la volonté démocratique de notre nature.

PETIT POÈME

Mais que le temps passe vite dans cette dimension !

Aussi, à force de délibérations et d’indécisions

Lentement nous nous hâtions

Nous n’avons donc pas vu défiler les saisons (là, j’ai hésité d’écrire : saisions, ce qui aurait été plus joli !)

Avec le froid, nous n’avons pas senti que nous descendions,

Que nous nous sommes mêlées aux particules de pollution

Pour ainsi générer le trop bon vieux « smog urbain »

Afin de vénérer grave les braves citadins ! (alors ici, pas d’écriture inclusive avec « citadines », sinon ça fout en l’air ma rime. Mais je n’en pense pas moins !)

Gene

(1) Je suis un galet

(2) De galet, je deviens sable

(3) Je suis un tablar

(4) Ma vie de virus de la crève


Une réflexion sur “Je suis hasch vieux os

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